Communication municipale : être partout ne suffit pas

La communication municipale n’a jamais eu autant d’outils, et pourtant, le message a de plus en plus de mal à passer.

Un soir, un habitant fait défiler son téléphone. La fête du village s’affiche sur la page Facebook de la mairie. Un peu plus tard, paf, notification PanneauPocket : encore la fête. Le lendemain, elle est dans le bulletin, puis repartagée sur un groupe Facebook. Quatre fois la même affiche. Et la commune d’à côté fait pareil, pour la sienne et pour celle des autres.

Quelques jours plus tard, paf, encore la même sonnerie, encore le même bandeau. Sauf que cette fois, c’est une coupure d’eau prévue dans sa rue. Mais noyée au milieu des rappels de fête, elle a exactement la même tête que le reste. Il balaie, par réflexe. Il ne l’a pas vue.

C’est devenu le quotidien de la communication des communes. À force de vouloir être vu, on finit par ne plus l’être. Et le jour où un message est vraiment important, il se perd dans le flot de tous les autres.

Trois maires sur quatre veulent développer leur communication municipale

C’est ce que montrent les enquêtes de Cap’Com (cap-com.org) et de l’Association des maires de France (amf.asso.fr). L’envie est bien là, mais le plus souvent sans budget supplémentaire, ou presque. Alors, pour faire plus avec autant, on ajoute. Un site, une page Facebook, une application comme PanneauPocket ou Citykomi, sans jamais rien retirer.

Empiler, ça coûte

On l’oublie vite, mais chaque outil a un prix. L’abonnement annuel de l’appli, le temps passé à alimenter chaque canal, l’énergie de l’équipe qui doit tout tenir à jour. On paie déjà, et on paie pour diffuser partout la même chose.

Car c’est là que ça ne va pas. Le site, le bulletin, l’appli, la page Facebook : tous doivent être nourris, alors on les nourrit. Avec la même information, la même annonce, la même photo, le même texte, repris à l’identique d’un support à l’autre.

Le vrai problème, c’est que tout le monde fait pareil

Et encore, si ce n’était qu’une seule commune qui se répétait, l’habitant s’y retrouverait encore. Mais toutes font ça, elles empilent. Toutes rediffusent et toutes au même endroit. Alors, son fil d’actualité et son appli débordent des mêmes messages, d’une mairie à l’autre.

À force de les voir, l’habitant ne les voit plus. Son cerveau balaie, parce que tout se ressemble et que plus rien n’accroche. Voire pire, il se désabonne et/ou supprime les notifications. En voulant mieux informer, on a seulement rendu chaque message plus facile à ignorer.

Communiquer, c’est choisir

Développer sa communication municipale, ce n’est pas occuper tous les canaux avec le même contenu. C’est décider quoi dire, à qui, et sur quel support ça a vraiment du sens. La coupure d’eau du début n’a pas à subir le même sort que l’affiche de la fête. Un message qui touche le quotidien des gens mérite qu’on choisisse où et comment il sera vu, au lieu de le laisser se noyer dans le flux.

Ce tri-là, on le voit souvent mieux de l’extérieur. Quand on est dans le quotidien, on publie partout par réflexe, sans se demander si ça sert encore. Un regard neuf repère vite ce qui mérite d’être dit, et ce qui ne fait qu’ajouter du bruit.

Alors le jour où vous aurez vraiment quelque chose d’important à dire, est-ce qu’il restera quelqu’un pour le voir ?

Communication municipale : un habitant fait défiler son fil d'actualité sur son téléphone.
Un pouce qui glisse, et l’info passe. C’est souvent dans ce geste machinal que les messages des mairies disparaissent.
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